"Albertine en cinq temps" de Michel TREMBLAY

Mise en scène de France GILMONT

 

Spectacle produit par le TELB

interprété par Les Tréteaux des Baronnies saison 2013


 

« Albertine, en cinq temps est le chef-d’œuvre de l’auteur de Belles-Soeurs. On y trouve, dans le tissu d’un seul personnage, l’ensemble de la tragédie "tremblayenne", et si cette pièce est si forte, si importante, c’est que Tremblay a su avec une maestria prodigieuse (fantastique chassé-croisé d’une femme avec ses différentes elles-mêmes) arquer définitivement sa pièce entre la pureté de la tragédie grecque et la déliquescence de la tragédie beckettienne. » 

Robert Lévesque, Le Devoir, 11 octobre 1995.

"Les Belles-Sœurs" de Michel Tremblay font scandale, en 1968, mettant en scène des femmes du peuple, exprimant leur enfermement dans une société marquée par la religion, qui ne laisse pas de place aux désirs de l'individu, surtout féminin.
C'est dans la continuité de cette pièce fondatrice de son univers singulier que Tremblay écrit en 1984 "Albertine en cinq temps".
Au cours d'une conversation fantasmée avec elle-même à des âges divers, Albertine évoque la tragédie de sa vie : la rage de l'enfermement dû à la condition féminine.
Les « démultiplications » d'Albertine permettent d'explorer son identité. Dans quelle mesure la vie d'une femme du peuple déterminée par la société des années 40 à 80 peut donner naissance à un tragique singulier.

Les « démultiplications » d’Albertine cohabitent dans un espace scénique qui met en évidence les incidences entre les différentes strates du souvenir. Ainsi, quand Albertine à quarante ans décrit le futur mari de sa fille Thérèse et reconnaît en lui l'homme qui la suivait au parc Lafontaine quand elle avait onze ans, c'est Albertine à trente ans qui « sursaute » dans les didascalies.
L'action de se bercer en rocking-chair qui traverse toute la pièce et toute la vie d'Albertine, action que l’on trouve notamment au début, met en évidence le regard rétrospectif de la plus vieille Albertine sur elle-même, comme un retour vers l'enfance, le paradis perdu, à l'approche de la mort.

Le premier souvenir de la pièce renvoie à la plus jeune Albertine, envoyée reposer à la campagne dans la maison que sa mère a quittée. Ce paradis perdu dans lequel elle ne retournera plus, comme l'enfant ne peut retourner au sein de la mère, est décrit par opposition à la ville comme un lieu de beauté, liée à la couleur changeante du ciel mais aussi de plaisir lié aux odeurs, au goût du lait qui renvoie de manière évidente à la petite enfance.

On remarque que d'autres lieux, tels que la ville, l'hôpital, la maison de retraite ou la lune sont eux à l'inverse des lieux de non-retour qui vont vers la mort. Albertine, enfermée dans la vie comme « dans un trou […], dans un tunnel, dans une cage », est prise entre ces deux types de symboles, la mort apparaissant comme le seul moyen de se délivrer.


Distribution

Albertine 30 ans : Lena Deboulle

Albertine 40 ans : Valérie Carrier

Albertine 50 ans : Marie - Hélène Advielle

Albertine 60 ans : Christine Estrayer

Albertine 70 ans : Danièlle Roland

Madeleine : Annabel Djila


Aide à la scénographie et aux costumes : Marie Grégoire Moreau

Lumières et régie : Jean-Paul Guitteny

Photos et extraits captation de travail sur le site http://www.treteauxbaronnies.fr