Theatre de la Lance et des Baronnies

 

«Merci d’être avec nous »

«Fantasmes de demoiselles» et «Le défunt»

de René de OBALDIA

mise en scène de Roland PEYRON

 


Les pièces d’Obaldia se déroulent toujours dans un cadre emprunté au monde actuel et sur des sujets modernes. La valeur comique de ses œuvres ne fait aucun doute. Son théâtre invite le spectateur dans un autre monde que celui de la vie ordinaire. Il joue avec la langue pour en décomposer les saveurs, à travers des jeux de mots, l’imitation des parlers les plus divers. Sans limite, il enchaîne les rapports de personnages et les situations abracadabrantesques, avec toujours un fond de tendresse. Dans ses œuvres, « on y parle l'obaldien vernaculaire (c'est une langue verte, savante et bien pendue, qui se décline en alexandrins, calembours et parodies). On y tient que l'absurde est plus sérieux que la raison. On y pratique un doux anarchisme. On y croise, selon la saison, Jarry, Ionesco et Giraudoux.


Duos féminins, duos détonants, décapants, délirants, déconcertants et drolatiques.

«MERCI D’ETRE AVEC NOUS»: nous introduit dans le monde de la télé, plus précisément dans celui des émissions-interview où les «people» viennent se vendre et promotionner leur œuvre.

Ici, une vedette de cinéma, au nom singulier, Lili Galoche, est reçue par une journaliste vedette blasée, Alice Brisset, pour parler de son dernier film, de sa vie et commenter l’actualité.

Et là, dérapage !!!

Obaldia manie à merveille la dérision et l’humour corrosifs quand il s’agit d’épingler ses contemporains et de mettre en lumière ce monde médiatique quelque peu complaisant, vaniteux et superficiel.

«FANTASMES DE DEMOISELLES». Propos impertinents de femmes faites ou défaites cherchant l’âme sœur.

«LE DEFUNT» : pièce culte. Deux amies se retrouvent dans un square et bavardent du veuvage apparent de l’une d’elles. Au fil de la conversation, certaines vérités vont se révéler et semer le trouble, la rancœur et la jalousie voire l’affrontement entre les deux femmes jusqu’au final surprenant et inattendu.

Encore une fois Obaldia se joue des travers humains dans cette comédie malicieuse et «déjantée.»



« Les diablogues » de Roland DUBILLARD

mise en scène de France GILMONT


Homme de radio, Dubillard joue quotidiennement dans des sketches radiophoniques qu’il écrit à la demande de Jean Tardieu : « Grégoire et Amédée »(1953). Par la suite, il adapte pour la scène ces dialogues absurdes sous le titre «Les diablogues» en 1975. Devant le succès de ces petites

pièces à l’humour déroutant et loufoque, il écrit en 1987 «Les nouveaux diablogues».

Né le 2 décembre 1923 à Paris, Roland Dubillard est écrivain, dramaturge et comédien. Son œuvre littéraire comporte des pièces de théâtre ainsi que des nouvelles, deux recueils de poésies, quelques essais et un journal intime. Il y flirte souvent avec un absurde très subtilement distillé, ce qui, pour certains, fait de lui un frère spirituel de Ionesco et de Beckett.

«Les diablogues» sont joués régulièrement, notamment par François Morel et Jacques Gamblin. Ce spectacle valut à Roland Dubillard un Molière de l’auteur en 2008. Il fut repris en 2010 pour la première fois par deux comédiennes, Muriel Robin et Annie Grégorio.

Des personnages intelligents veulent incarner la bêtise de notre époque… Voilà le langage qui se débride, la logique qui s’effondre et le rire qui rassure. Le comique de Roland Dubillard, qui nous a quitté en 2011, est un rire bon enfant où l’on finit par rire de soi… et des autres. Des dialogues de sourds où chacun veut faire entendre raison provoquent étonnement et drôlerie. Des logiques se rencontrent mais ne se croisent pas, le réel est ailleurs.

Ces Diablogues provoquent par l’absurde, des quiproquos cocasses, des répliques inattendues… le pouvoir est dans l’imaginaire.

Le spectacle « les diablogues » de Roland Dubillard est un spectacle ludique qui fait appel à l’écoute et à l’esprit. Drôles et pertinents les dialogues sont divisés en douze scénettes jouées par deux personnages.

Le spectacle se déroule en interaction avec le public qui tire au sort les titres des scénettes. Ce procédé rend chaque représentation particulière et unique. Le public est impliqué dans le déroulement de la soirée théâtrale qui dure 1H30 sans entracte. Quatre comédiennes et un comédien soutiennent cette aventure théâtrale avec brio. Les quatre comédiennes jouent les douze histoires en duo, soutenues par les bruitages du comédien. Le plaisir de la parole est un régal pour le spectateur qui suit les interrogations ahuries de ces pantins intelligents.

L’absurde est maître, il présente une dimension inhabituelle de l’humain en proie à ses questionnements, ses incompréhensions du monde qui l’entoure. Ces clowns cherchent des réponses au banal du quotidien et offrent un nouvel espace de liberté où l’imaginaire est au pouvoir.